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Révoltant : l’État manipule nos données, à nous conducteurs, pour flasher toujours plus

« Je ne suis pas uniquement focalisée sur la vitesse », nous a assuré, la main sur le cœur, Marie Gautier-Melleray, Déléguée interministérielle à la Sécurité routière, lors de son récent entretien avec la Ligue de Défense des Conducteurs. Mais voilà que le site radars-auto.com nous apprend que, grâce à une nouvelle base de données, nourrie entre autres par nos déplacements, les radars vont être redéployés là « où les vitesses pratiquées et le trafic sont les plus élevés ». Machiavélique !

Quelles merveilles, ces bases de données ! Exemple avec celle dont l’État s’est porté acquéreur auprès d’une filiale de Michelin. Dans un article publié le 18 février dernier, le site radars-auto.com raconte comment, alors qu’elle était initialement destinée à la construction d’une « base nationale des vitesses limites autorisées » (mais aussi d’outil d’analyse des accidents), cette précieuse source d’informations - que nous contribuons à générer nous-mêmes, conductrices et conducteurs, lors de nos déplacements à bord de véhicules connectés - va également lui permettre « d’optimiser » le positionnement de ses radars. Là où les accidents ont le plus souvent lieu ? Ce serait logique pour qui serait tenté d’associer le contrôle de la vitesse automatisé à la sécurité routière, mais on en est évidemment loin. Ce sera plutôt, précise ce site extrêmement bien renseigné, là où « les vitesses pratiquées et le trafic sont le plus élevés ». Ce qui est tordu, c’est que, découlant de l’observation de nos propres allées et venues, ces informations sont ultra fiables... Les voitures-radars privatisées, naturellement, en profiteront aussi pour « affûter » leurs parcours.

La vitesse, une véritable obsession

Alors que les préfectures disposent déjà de cet implacable outil, aimablement mis à disposition par la Sécurité routière fin 2020, c’est avec colère que nous repensons aux propos de la patronne de la Sécurité routière début février, lors de son entretien avec notre association. Mentionnant les 4 700 radars déployés en France à fin 2021, dont plus de 200 voitures-radars privatisées (elles seront 450 à sillonner toute la France, à terme), Marie Gautier-Melleray assurait : « Notre objectif n’est pas d’en augmenter le nombre ». Au-delà du chiffre déjà délirant de 4 700, nous n’étions cependant pas dupes, depuis longtemps habitués à la démagogie utilisée en haut lieu lorsqu'on parle contrôle de la vitesse : si le parc ne s’étoffe pas encore davantage à terme, les nouvelles générations de radars sont plus performantes et flashent à peu près en toutes circonstances, ce qui augmente évidemment leur efficacité, devenue diabolique. Sachant qu’ici, « efficacité » est synonyme de « rentabilité »… Les voitures-radars privatisées, elles, apparaissaient jusqu’à présent comme le paroxysme de cette répression insensée : des chauffeurs privés, payés uniquement pour se glisser incognito dans la circulation et vous flasher pour le moindre kilomètre-heure au-dessus de la vitesse autorisée, quelle que soit la file sur laquelle vous circulez. Comment imaginer plus retors ?

Pire que les voitures-radars privatisées

Règle numéro 1 : ne jamais sous-estimer l’imagination de notre gouvernement, lorsqu’il s’agit de piéger les conducteurs. Oui, cette base de données est encore plus pernicieuse que les voitures-radars privatisées. Utiliser nos propres données de déplacements pour transformer les radars en « armes de verbalisation massive », comme le subodore radars-auto.com dans son article, c’est nous rendre complices involontaires de la répression routière : un comble !

La Ligue de Défense des Conducteurs regrette que toute cette intelligence ne soit pas mise au service d’une politique visant vraiment à faire baisser le nombre d’accidents, plutôt que de se focaliser sur la vitesse, contrairement à ce que prétend la Déléguée interministérielle. Une obsession qui sonne comme un aveu d'incompétence, face à un sujet que notre gouvernement ne sait traiter qu'à coups de sanctions et de ponctions dans notre portefeuille.