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Radars : leur entretien aussi nous coûte très cher ! | Répression et radars | Notre actualité

Radars : leur entretien aussi nous coûte très cher !

Les conducteurs savent ce que les radars leur coûtent en procès-verbaux. Mais ont-ils conscience des sommes folles qui sont dépensées pour leur entretien, afin de s’assurer qu’ils fonctionnent parfaitement ? Jusqu’à près de 31 000 euros par an pour une seule voiture radar... Rassurez-vous, l’opération reste rentable pour l’État.

Les recettes des amendes de circulation et de stationnement pour 2020 s’élèvent à 1,387 milliard d’euros, dont 553 millions rien que pour les radars. Lesquels sont véritablement chouchoutés par l’État, qui leur consacre un budget entretien pas piqué des hannetons. Les dépenses peuvent découler de l’âge du cinémomètre, dont la durée de vie est d’une dizaine d’années. Elles peuvent aussi être liées à la réparation de dégradations, fréquentes en 2018 et 2019. Le montant de ces « soins » pour chaque catégorie de radar a été publié dans un rapport de la Cour des comptes, dont nous vous avons déjà parlé le 22 avril 2021 (un premier article dans lequel nous dénoncions l’opacité de l’utilisation des recettes des radars). La juridiction financière précise leur coût « à l’unité ».

Coût maintenance annuelle radars 2021 2

L’inventaire réalisé par la Cour des comptes traduit toute l’ingénierie qui se cache derrière le « flash ». Certaines disparités sont étonnantes, mais ont parfois une explication. Par exemple, la maintenance d’un radar de feu rouge revient à 4 458,59 € par an quand il est placé à un carrefour et à 2 631,57 €, quand il est à portée de passage à niveau. Cette différence tient notamment au fait que les coûts de réfection de la chaussée sont plus importants en zone urbaine qu’en zone rurale. C’est aussi pourquoi le radar de feu rouge du carrefour demande des soins plus onéreux qu’un radar fixe, qui se « contente » de 3 636,36 € par appareil et par an.

Quant au radar de vitesse moyenne ou « radar tronçon », il nécessite de placer un appareil au début de la zone contrôlée et un autre à la fin du parcours. Cette complexité concourt à ce que cette machine à cash réclame 13 157,89 € d’attentions chaque année, ce qui lui permet de se hisser sur la troisième marche du podium des équipements les plus onéreux à entretenir.

Le radar autonome, dit aussi « chantier », décroche quant à lui la deuxième place. Comptez plus de 26 500 € de maintenance par an pour flasher sans trêve ! Coût total pour la collectivité : 6,6 millions d’euros pour 249 machines[1], tous les douze mois.

Enfin, les voitures radars se perchent sur la plus haute marche : pour s’assurer de leur bon fonctionnement, un budget annuel de 30 693,06 € par véhicule est nécessaire ! Chaque révision coûte ainsi quasiment le prix d’un Peugeot 3008 neuf. On est loin des 18 000 euros initialement évoqués par Emmanuel Barbe, ex-n°1 de la sécurité routière, en 2016. Il faut dire que la privatisation – évitable, de notre point de vue – de leur conduite a nécessité d’automatiser le réglage de la vitesse maximale autorisée sur chaque route. Donc pour passer de deux agents des forces de l’ordre à un seul chauffeur privé qui ne fait que conduire, il a fallu moderniser ces véhicules. À cette mécanique de précision, s’ajoute notamment la rémunération des entreprises qui emploient les chauffeurs de ces radars sur roues. En comptant 449 voitures radars, cela représente 13 781 184 € chaque année pour veiller à ce que ces radars sur roues tournent comme des horloges.

SI jamais vous en doutiez, rassurez-vous ! Malgré ces montants impressionnants de dépenses d’entretien, le contrôle automatisé reste une opération très rentable pour l’État. Comme l’indiquait, en 2017, un rapport du Sénat sur la politique d’implantation des radars : « Si l'on additionne l'ensemble des coûts engendrés par le radar (acquisition, maintenance, mise à niveau logicielle, éventuels déplacements et réparations dues aux actes de vandalisme) tout au long de sa vie - chiffre qui peut atteindre plusieurs centaines de milliers d'euros selon le type d'équipement - et qu'on le compare au produit annuel rapporté par chaque radar sur la même durée - supérieur à 2 millions d'euros(*) -, l'investissement demeure largement rentable. »

Confrontés à des radars toujours plus sophistiqués, chers à l’acquisition puis à l’entretien, les conducteurs ne sont pas dupes. C’est pourquoi ils sont déjà plus de 153 000 à avoir signé notre pétition « Marre des radars ! ». Alors, vous aussi, signez et partagez cet appel de la Ligue de Défense des Conducteurs pour que la politique de sécurité routière revienne aux principes qui sauvent vraiment des vies sur la route : prévention, formation du conducteur, contrôles ciblés, entretien des infrastructures… Plus vous serez nombreux à vous mobiliser, plus votre voix aura une chance de se faire entendre !

 

[1] Nombre de radars au 1er janvier 2020, Cf. ONISR, Les infractions au code de la route et au code des transports. L’impact sur le permis à points ; bilan statistique 2019, p. 32.