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Chauffeur de voiture radar : le plus ingrat des métiers | Actu 5

Chauffeur de voiture radar : le plus ingrat des métiers

Les voitures radars sont une source d’inquiétude pour ceux qui les croisent ou les suivent sur la route. Avec leur privatisation grandissante, le duo d’agents des forces de l’ordre, qui était aux manettes jusqu’à présent (un conducteur, un opérateur), est progressivement remplacé par un seul chauffeur, recruté par des entreprises privées. Quelles sont ses missions, ses prérogatives ? Pourquoi, à la Ligue de Défense des Conducteurs, nous considérons que cet auxiliaire humain du contrôle automatisé, lui-même très contrôlé, n’est en aucun cas un acteur de la sécurité routière ? Voici les réponses.

 

Pas très porté sur la transparence, le ministère de l’Intérieur, à l’origine des voitures-radars privatisées. À la Ligue de Défense des Conducteurs, plusieurs médias qui souhaitaient faire un bout de chemin dans l’une d’entre elles, le temps d’un reportage, nous ont rapporté avoir fait chou blanc : leurs demandes sont restées lettre morte. Circulez, y a rien à voir !

Cette lamentable aventure avait pourtant commencé dans la transparence. Le 24 février 2017, le dispositif des voitures radars à conduite externalisée avait ainsi été présenté officiellement à la presse et le Délégué interministériel à la Sécurité routière d’alors, Emmanuel Barbe, n’était alors pas peu fier de sa trouvaille. Pardi, des voitures-radars qui ne roulent plus une heure par-ci par-là, mais autant de temps qu’on le souhaite ! Avec des gentils salariés au volant, à qui l’on demande juste de se faufiler incognito dans la circulation, cherchant à piéger un maximum de conducteurs en train de les doubler ou les croiser, dans l’ignorance totale de ce qui était en train de se passer ! Le tiroir-caisse de l’État promettait de se remplir à vitesse grand V (même si la crise sanitaire a gâché le plaisir, avec des automobilistes et des motards coincés chez eux). D’autant qu’à terme, si « tout va bien », ce ne seront pas moins de 450 de ces véhicules qui patrouilleront sur les routes de France…. 24 heures sur 24, s’il le faut.

Le Conseil constitutionnel ayant validé le recours à ces chauffeurs privés – un pur scandale, toute notion de prévention et de sécurité routière ayant été balayée sur l’autel du profit –, notre association s’est penchée sur la fiche de poste et la mission des chauffeurs actuellement recrutés. L’idée étant de vous familiariser avec le fonctionnement de ces machines infernales…

Le salaire de la peur

Combien sont rémunérés ces chauffeurs privés, pour faire ce boulot ingrat et engendrer tout ce stress pour les autres conducteurs, qui en sont réduits à conserver leurs yeux fixés sur leur compteur de vitesse, plutôt que rester concentrés sur les conditions de circulation ? Pas de quoi grimper au rideau. Si une voiture radar rapporte, en moyenne, 194 000 euros de bénéfice net par an à l’État, les petites mains qui en tiennent le volant ne roulent en effet pas sur l’or, à environ 1 800 euros bruts par mois. Une offre d’emploi de la société Mobiom nous instruit sur la charge de travail de ces employés et donc, sur l’intensité du contrôle mobile. Au menu du chauffeur, figurent chaque jour des centaines de kilomètres ! Et ce, le jour, la nuit, les week-ends et les jours fériés.

Le préfet, grand manitou des chauffeurs privés

Les employés suivent un itinéraire déterminé par le préfet, en relation avec les services de l’État. Ces voitures circulent sur toutes les catégories de routes, de l’autoroute à la route communale.

Un GPS situe la voiture radar sur une carte qui répertorie les vitesses maximales autorisées en temps réel. En complément, quatre caméras situées à l’avant et à l’arrière du véhicule lisent les panneaux de limitation de vitesse pour vérifier la vitesse de référence à l’endroit donné.

La voiture radar mesure la vitesse des véhicules qui la dépassent ou qu’elle croise, au moyen d’une antenne radar cachée derrière la plaque d’immatriculation avant. Le flash utilisé pour le cliché est infrarouge, donc invisible. Ce qui signifie que si vous n’avez pas identifié ce véhicule (il faut avoir l’œil…), vous ne vous rendez même pas compte de ce qui vous arrive.

L’entreprise de chauffeurs privés doit effectuer un nombre précis de kilomètres, ni plus, ni moins, sinon elle doit payer des pénalités. Elle encourt également des pénalités si ses chauffeurs s’écartent du chemin défini. Ni l’entreprise ni le chauffeur ne connaissent le nombre d’infractions : leur rémunération n’est pas liée au nombre de flashs (encore heureux !).

Enfin, le véhicule transmet ses informations au Centre national de traitement des infractions routières de Rennes qui se charge ensuite d’adresser des avis de contravention aux personnes concernées : c’est bel et bien la conduite du véhicule et non l’émission du PV qui est privatisée, ce qui explique pourquoi le Conseil constitutionnel a validé le principe.

Le contrôleur contrôlé

Selon le ministère de l’Intérieur, les véhicules gérés par des entreprises collectent « les données d'activité des conducteurs des voitures-radars : localisation des véhicules, trajets effectués afin de permettre au supérieur hiérarchique dit "superviseur" des conducteurs de contrôler le respect des missions qui leur ont été assignées. » Les chauffeurs de ces machines à PV sont donc encore plus surveillés que les autres conducteurs… pas sûr que cela soulage qui que ce soit.

Pourquoi le principe des chauffeurs privés est-il scandaleux ?

C’est simple : les employés de ces entreprises n’ont pas pour fonction de faire cesser les comportements dangereux en interceptant leurs auteurs ! Cet enjeu a été posé sur France Bleu Mayenne, en 2019 : « Rémy Josseaume, avocat en droit routier : "l'avantage avec des policiers et des gendarmes qui vous flashent, c'est qu'ils mettent le gyrophare et vont interpeller le conducteur ou la conductrice. Là, l'infraction se poursuit, c'est dommage […]". »

Le sénateur Michel Raison en conclut : « Il vaudrait mieux payer des gendarmes et des policiers plutôt qu'un groupe privé, qui ne peut verbaliser que les excès de vitesse. Les gendarmes pourraient aussi remarquer ceux qui téléphonent, qui doublent sur les lignes blanches ... les comportements à risque ! Parce que quand on voit les gendarmes, on se tient plus souvent à carreau. » (France Bleu Normandie, 6 février 2019).

Le même esprit anime un témoignage sur la page Facebook de la Ligue de Défense des Conducteurs : « […]. Je n'envie pas les conducteurs de ces voitures. Ça doit être épuisant de conduire toute la journée une citadine en regardant tout le temps son compteur. […] Je suis pour si des véhicules comme ça sont conduits par les forces de l'ordre pour traquer les chauffards. Quand c'est privé, qu'on veut les faire tourner 7/7, 24/24, c'est vraiment juste pour faire du chiffre. Au-delà de la vitesse, je préfèrerais qu'on traque ceux qui ne respectent pas les distances de sécurité, estiment que vous êtes sur leur chemin, doublent par la droite, changent de file sans regarder et sans signaler. […] » (R.S., 27 septembre 2020)

 

Pour clarifier les choses, la Ligue de Défense des Conducteurs soutient donc la proposition de loi du député Pierre Cordier pour la signalisation des voitures radars. En effet, la surveillance ne doit pas être une source permanente de stress au volant. Puisque les radars fixes sont signalés en amont par des panneaux, aucune raison que ces véhicules circulent anonymement, sous prétexte que la répression industrialisée ne se fait pas sur les bas-côtés, mais directement sur les routes ! Alors, vous aussi, signez la pétition en ce sens. Elle parviendra automatiquement à votre député qui verra ainsi croître la mobilisation des conducteurs.